30 September 2026

Demandeur·esses d’asile : rétablir les faits

Certains chiffres avancés dans le débat public méritent d’être nuancés et remis en contexte. Agiter le chiffre de 190 000 personnes en demande d’asile au Québec, et parler de faux réfugiés, c’est non seulement induire les Québécois·es en erreur, c’est aussi une insulte envers notre État de droit, et tout particulièrement envers l’instance responsable de traiter les demandes d’asile, la CISR — le plus important tribunal administratif indépendant au Canada.

Prétendre que les personnes en demande d’asile viennent au Québec parce que notre filet social est trop généreux est largement mensonger. Elles cherchent d’abord et avant tout la sécurité et demeurent exclues de la majorité des services en accueil et intégration. Si elles peuvent avoir accès à l’aide sociale pour leur assurer un minimum de dignité, elles n’ont pas accès aux allocations familiales. Lorsqu’elles arrivent à dénicher un emploi malgré ces obstacles, les personnes en demande d’asile apportent une précieuse contribution dans des domaines cruciaux, comme celui de la santé et des services sociaux. Qui se souvient que, pendant la pandémie, ce sont exactement ces personnes que l’on a surnommé les « anges gardiens » parce qu’elles tenaient à bout de bras les CHSLD du Québec ?

Alors que les débats électoraux glissent vers des réflexes utilitaristes, rappelons que la tradition humanitaire du Québec repose sur notre engagement à accueillir dignement les personnes en quête de protection. La TCRI appelle les partis politiques à faire preuve de responsabilité en privilégiant un débat public fondé sur les faits, le respect et une information rigoureuse. Les Québécois·es méritent un débat qui leur permette de comprendre les réalités et de faire des choix éclairés pour l’avenir d’un Québec fondé sur la dignité humaine, la justice sociale et la solidarité.