Les domaines d’activité du volet femmes de la TCRI sont, comme ceux de la TCRI, multiples et concernent notamment le dialogue avec le gouvernement, la participation à la conception critique des politiques et programmes gouvernementaux en matière d'immigration, d'intégration et de condition féminine, l’information, la formation aux intervenant-e-s, la sensibilisation du mouvement des femmes, la recherche-action.

Le Volet femmes de la TCRI a été mis en place depuis août 2009 et c’est en collaboration avec  le Comité de réflexion sur la situation des femmes immigrées et racisées déjà mis en place depuis avril 2008 que la TCRI a lancé le 1er septembre 2009 un projet d’envergure portant sur la situation des femmes immigrées et racisées au Québec. Comme son nom l'indique, ce projet avait pour objectif d’acquérir une meilleure connaissance de la situation de ces femmes en élaborant une vision provinciale et régionale des défis qu'elles ont à relever, tout en suscitant leur participation citoyenne et leur leadership et sachant que le nombre des femmes immigrantes reste plus important que celui des hommes immigrants au Québec et que leur volume  est supérieur dans les catégories de statuts les plus défavorables ainsi que dans les catégories économiques les plus précaires. Ce qui affecte de leur autonomie ainsi que leur égalité. 

Ce premier projet visait aussi à mieux adapter les services de la TCRI et de ses organismes membres afin de répondre aux besoins différenciés des femmes et des hommes par le développement d’une analyse et d'outils favorisant l'application d'une approche "genrée" dans les organismes communautaires de l'immigration et enfin, faciliter l'utilisation de l’analyse différenciée selon les sexes (ADS) dans les institutions concernées par les question reliées à l'immigration.

Planifié sur trois ans, ce premier projet a permis tout d'abord de vérifier les pratiques des organismes communautaires membres de la TCRI et ceux du mouvement des femmes à l’égard des femmes immigrées et racisées et d'entamer une tournée dans les régions afin de mieux documenter les réalités des femmes visées. Enfin, d'organiser des États généraux[1] sur la situation des femmes immigrées et racisées en janvier 2012 qui ont permis de dégager des priorités d'intervention et des pistes d'action à privilégier afin d'agir concrètement sur la situation et les préoccupations des femmes immigrées et racisées au Québec. 

Ces États généraux ont pu être organisés en collaboration avec un nouveau réseau provincial de femmes immigrées et racisées créé le 10 mars 2011, à l’occasion de la Journée internationale des femmes par le Comité de réflexion sur la situation des femmes immigrées et racisée[2] et dénommé le Réseau d’action pour l’égalité des femmes immigrées et racisées du Québec (RAFIQ). Ce réseau autonome regroupe des femmes immigrées de racisées et des organismes membres ou non membres de la TCRI de différentes régions du Québec.  Il est fondé sur une approche féministe adaptée à la réalité féminine immigrante et racisée du Québec et vise à agir sur les enjeux prioritaires qui les concernent,  à favoriser leur concertation, le partage des connaissances, le développement d’une analyse et de revendications propres ainsi que la mobilisation autour d’enjeux qui leur sont spécifiques et  parfois communs avec toutes les femmes du Québec, incluant les femmes autochtones. Le RAFIQ collabore avec le volet femmes de la TCRI sur tous ces enjeux et plus spécifiquement autour du développement des capacités et l’empowerment  des femmes immigrées et racisées les plus marginalisées et enfin, la défense des droits de toutes les femmes immigrées et racisées du Québec dans une perspective féministe et des valeurs d’égalité entre les femmes et les hommes.

Depuis, le volet femmes de la TCRI a poursuivi ses travaux en développant de nouveaux projets en collaboration avec le RAFIQ, en s’appuyant sur les orientations établies lors des États généraux sur la situation des femmes immigrées et racisées tenus en janvier 2012. Six priorités d’action avaient alors été retenues et mises de l’avant dans un plan d’action sur trois ans (2012-2015) permettant d'agir concrètement sur la situation et les préoccupations des femmes immigrées et racisées.  

Avec le projet «Améliorons nos conditions de vie : en route vers le développement du leadership des femmes immigrées!» qui a pris fin en décembre 2013, le volet femmes de la TCRI a assuré des ateliers de formation auprès de divers organismes membres de la TCRI. Le premier portait sur l’intégration de l’approche genre dans les interventions liées à l’établissement et à l’intégration des personnes immigrées et racisées et s’adressait aux intervenant-e-s des organismes membres de la TCRI. Le deuxième, intitulé Un entrainement des femmes immigrées au leadership, s’adressait aux usagères de ces organismes.

Dans le cadre du projet « Améliorer les pratiques et créer des ponts pour plus d’égalité et de leadership des femmes immigrées et racisées » qui a débuté en 2012, les activités suivantes sont prévues: 

  • La production d'un guide d’information et de formation à l’intention des intervenant-e-s des organismes offrant des services aux personnes immigrantes et réfugiées et des intervenantes du mouvement des femmes permettant de les outiller sur les réalités et les besoins spécifiques des femmes immigrées et racisées ainsi que sur les ressources et les services existants pour les femmes au Québec. 
  • La mise en place de comités mixtes "Femmes immigrées et racisées et Québécoises". Plusieurs comités mixtes ont d’ailleurs déjà vu le jour autour d'enjeux communs qui intéressent les femmes dans différentes régions du Québec, notamment  à Montréal (Montréal), Québec (Québec), Gatineau (Outaouais) et Sherbrooke (Estrie).
  • Dans le cadre d’une entente avec l’Agence de la santé et des services sociaux de Montréal en 2012, le volet femmes de la TCRI a également élaboré un « Coffre à outils pour faciliter l’intégration des Néo-Québécoises isolées ». Ce coffre à outils a permis le recensement des ressources existantes dans les différents milieux et secteurs (Santé et services sociaux, communautaire et institutionnel) qui s’adressent aux femmes immigrées isolées.  
  • Enfin, depuis juillet 2013, un nouveau projet vient de démarrer et porte sur les violences liées à l’honneur. Cette initiative, afin d’assurer une prévention et une intervention s'appuyant sur une concertation et une stratégie commune adaptée aux besoins des victimes de violences liées à l’honneur se poursuivra jusqu’en 2015. Il favorisera des collaborations pluridisciplinaires et des stratégies intersectorielles autour des processus de détection, de  prévention et d’intervention afin d’agir sur les violences pratiquées au nom de l’honneur.

[1]
http://etatsgeneraux2012.org
[2] Le Comité de réflexion sur la situation des femmes immigrées et racisées rassemblait des femmes immigrées et racisées de toutes origines impliquées dans différents milieux. C’était un lieu de réflexion et d'action privilégié sur les enjeux touchant directement les réalités de cette population. À partir de 2009, le Comité a travaillé conjointement avec la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI) sur plusieurs projets visant à améliorer la prise en compte des besoins des femmes immigrées et racisées et favoriser leur leadership et leur participation à la vie sociale, économique et démocratique au Québec avant créer en 2011, le Réseau d’action pour l’égalité des femmes immigrées et racisées du Québec (RAFIQ). Pour plus d’information sur le RAFIQ : http://rafiq-membres.blogspot.ca/p/le-rafiq.html