Montréal, 8 mars 2017. À l’occasion de la Journée Internationale des femmes, la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI) et le Réseau d’action pour l’égalité des femmes immigrées et racisées du Québec (RAFIQ) rappellent que plusieurs facteurs importants renforcent la vulnérabilité des femmes arrivées au Québec et au Canada sous certains statuts d’immigration précaires. La précarité de ces statuts contribue à la violence subie par ces femmes dont plusieurs n’ont pas accès à l’ensemble des services en matière d’immigration, d’intégration, de francisation, de soins de santé et de services sociaux, de défense de droits, de services de garde et d’éducation pour leurs enfants. Parmi ces femmes, on retrouve les immigrantes parrainées, les travailleuses migrantes, les demandeuses d’asile, les réfugiées et les femmes sans statut.

Les épouses et conjointes parrainées par exemple, sont encore, en cette journée du 8 mars 2017, soumises à la résidence permanente conditionnelle de deux ans, bien que l’abrogation de ce statut discriminatoire avait fait partie des engagements électoral et gouvernemental du gouvernement fédéral actuellement en place.

Les demandeuses d’asile, ainsi que les réfugiées ayant connu des parcours d’immigration complexes et difficiles, ont souvent transité par des camps de réfugiés, des pays tiers ou ont eu recours à des passeurs. Nombre d’entre elles ont subi différents types de violences structurelles, physiques et sexuelles qui affectent leur intégration dans le pays d’accueil. Les séquelles et certaines de ces violences subies se perpétuent souvent ici, sans que des moyens d’accompagnement et d’intervention multilingues adaptés et suffisants ne soient suffisamment développés et financés dans les organismes d’accueil des personnes réfugiées et immigrantes et dans les ressources en violence faite aux femmes.

Les Aides familiaux résidents sont en majorité des femmes et malgré la suppression de la résidence obligatoire chez l’employeur depuis 2014, ils font toujours partie des seuls travailleurs salariés au Québec qui ne sont pas autorisés à recevoir directement une couverture de la CNESST mais seulement par leurs employeurs qui ne se conforment pas toujours à cette exigence.

De plus, les demandeuses d’asile, les travailleuses temporaires (qualifiées ou non) n’ont pas accès aux services d’accueil, d’établissement et d’intégration qui s’adressent aux nouveaux et nouvelles arrivantes, tels que les services d’installation, d’intégration et de francisation.

Tous ces facteurs, renforcent la vulnérabilité des femmes arrivées sous ces statuts précaires, sans oublier les femmes sans statut ! Pour nous, toutes les femmes sans distinction, devraient bénéficier des mêmes droits ! Quand les gouvernements du Québec et du Canada, vont-ils supprimer ces discriminations systémiques qui entravent les droits à l’égalité de ces femmes ?
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Pour information : Yasmina Chouakri (TCRI), coordonnatrice volet femmes ou Maria Elisa Montejo (RAFIQ), présidente tél. 514 504-4400