Conseil canadien pour les réfugiés

Le 29 janvier 2017. À la suite du décret du 27 janvier signé par le président des États-Unis, le Conseil canadien pour les réfugiés demande instamment aux Canadiens et au gouvernement canadien de redoubler d’efforts pour accueillir les réfugiés et pour rejeter toute discrimination contre les musulmans.

Le décret arrête temporairement la réinstallation des réfugiés aux États-Unis et réduit de moitié le nombre de réfugiés à réinstaller au cours de cette année, exclut les réfugiés syriens et discrimine contre les réfugiés de confession ou de culture musulmane. Le décret interdit de façon temporaire l’entrée des ressortissants de sept pays majoritairement musulmans.

La perte de leadership des États-Unis en matière de protection des réfugiés aura des effets désastreux pour les réfugiés dans le monde.
Cela rend le rôle du Canada plus important que jamais. Bien que le Canada ne puisse espérer combler le vide laissé par les États-Unis, nous devrions faire ce que nous pouvons.

En particulier, le CCR demande au gouvernement canadien de réagir aux restrictions américaines en augmentant les objectifs canadiens de réinstallation des réfugiés et en ouvrant la voie à d’autres demandes de parrainage de réfugiés. Le gouvernement prévoit de faire venir seulement
7 500 réfugiés pris en charge par le gouvernement et 16 000 réfugiés parrainés en 2017.

Des mesures adoptées récemment ont considérablement réduit la capacité des Canadiens de présenter une demande de parrainage de réfugiés. Ces mesures incluent la suspension du programme de parrainage collectif au Québec, un plafond inférieur à celui prévu pour les signataires d’entente de parrainage, et des restrictions imposées aux groupes de cinq concernant les réfugiés qu’ils peuvent parrainer.

Nous demandons également au gouvernement canadien de proposer de réinstaller, à titre d’urgence, tous les réfugiés qui ont été autorisés à se réinstaller aux États-Unis, mais qui sont maintenant interdits aux États-Unis, en plus des objectifs prévus pour la réinstallation des réfugiés en 2017.

Le CCR appelle également le gouvernement canadien à se retirer de l’Entente sur les tiers pays sûrs avec les États-Unis, qui ferme la porte à la plupart des demandeurs d’asile qui se présentent à la frontière terrestre du Canada. Les États-Unis n’ont jamais été un pays sûr pour tous les réfugiés : aujourd’hui ils le sont encore moins. Si le Canada se retirait de l’Entente, les personnes qui ont besoin de la protection du Canada pourraient présenter leur demande de façon ordonnée à la frontière plutôt que d’être forcées, comme aujourd’hui, de traverser la frontière clandestinement, ce qui les expose aux dangers physiques et favorise les passeurs.

Les Canadiens qui cherchent des moyens de résister aux mesures de Trump sont encouragés à manifester leur solidarité avec les gens de toutes confessions et à soutenir les organismes locaux qui travaillent auprès des demandeurs d’asile. Ces organismes (qui reçoivent peu ou pas de financement gouvernemental) offrent des services à un nombre grandissant de demandeurs d’asile, dont beaucoup sont passés par les États-Unis.